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Sur les peintures de Tomáš Měšťánek et sur ce que j’ai lu dans ses peintures - du point de vue d’un amateur de l’art, pas d’un professionnel

Quand je suis entré dans la galerie pour voir les peintures qui allaient être exposées, Tomáš Měšťánek était en train de raconter à M. Hokynek et après aussi à moi que si sa femme était longtemps entre ses peintures elle a commencé à être inquiète.

Après M. Hokynek a dit que la voiture avec les peintures arrivait à Prague et Tomáš Měšťánek descendit de la voiture devant Nová síň, il était aussi nerveux, parce qu’il avait tout le temps les peintures derrière son dos. Elle y attendaient, à mon avis, un moment convenable pour sauter sur le dos de leur créateur, pour l’écraser, le serrer, l’étouffer. A savoir, il n’y a pas beaucoup de calme dans ses peintures. On observe - et qu’est-ce qu’on voit? Le gens

qui galopent, courent même sans souffle, peut-être ils cherchent quelque chose ou bien triment-ils juste leur but, de nulle part à nulle part. Les gens qui se battent pour leur vie,

pour leur sauvetage, qui luttent pour la vie à laquelle ils ont déjà renoncé, perdus, ils n’en peuvent plus. Ils sont tombés sur la lice, la tête brisée, les dents cassées et les yeux hagards.

Et avec ces yeux hagards ils sautent et se félicitent de la victoire pour retomber ensuite jusqu’au fond. Et là ils sont assis apparemment dans un bar, peut-être quelques « carreaux », ils finissent de fumer le dernier mégot et tiennent leur tête désespérée dans leurs mains.

Que va-t-il suivre? Personne ne sait...

Si je devais essayer d‘examiner ce type de gens, je dirais peut-être que ce sont des maudits, des minables, des épaves.

A la fin, même le boxeur qui est en train d’éclater de joie finira demain on ne sait comment.

Parfois il apparaît quand-même une bouffée de quelque chose qui arrive inopinément

et comme par miracle. Jacob sur une échelle qui mène dans le ciel. Cette échelle est peut-être en balance et les corbeaux arrivent mais lui, il persévère encore et monte. La visite est partie mais un signe, un frémissement, une flamme, une lumière étrange encore ou déjà brillent

et rendent aveugle.

Pour chaque peinture de Měšťánek on peut inventer une histoire, chacune peut avoir son précurseur et sa suite, ses fins on ne peut que les imaginer. L’art ne devrait pas seulement faire plaisir il devrait aussi déchirer et soucier, poser des questions et ne pas les donner.

Il est à chacun de le faire.

Les peintures de Měšťánek peuvent déplaire, peuvent enrager, fâcher, toucher au vif comme quelqu’un qui répète toujours et toujours quelque chose de peu flatteur, mais vrai.

Et cela est peut-être le cas, mais je crois que personne ne peut nier que ses peintures sont passionnantes. Leurs couleurs sont des cris et leur lumière est impitoyable et personne

n’y échappe. Cette lumière trouve ce dont elle a besoin et où elle aime être. Sur la scène,

dans l’arène, dans la rue, ou dans un coin sombre du bar. Elle démasque ses personnages,

ses acteurs qui s’écroulent dans l’autodestruction, dans l’abîme, dans le ravage. Ou bien

ils cherchent leur dieu, quelqu’un ou quelque chose qui par miracle éclaircirait leur vie et lui donnerait un sens, quelconque. Ils cherchent en vain peut-être et ils ne trouveront rien

et personne. Mais ils cherchent et espèrent au moins et dans ce cas – peut-être – il ne sont pas sans espoir.

Souhaitons le leur et à la fin à nous aussi.

Arnošt Goldflam, L'écrivain et Le metteur en scène

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