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Exposition de Tomáš Měšťánek

Tomáš Měšťánek est entré dans l’art plastique tchèque dans la deuxième moitié des années 70, à l’époque où l’expression sauvage a retourné ses attentions à la peinture basée sur la dynamique des gestes et de la couleur. Dès les débuts de sa création artistique il a misé sur le sujet figuratif. L’ancrage de la peinture dans la problématique de l’homme se montre comme une base sûre dans la situation actuelle, peu transparente, sur la scène artistique.

Puisque aujourd’hui un large front de quelques générations est confronté avec la question comment éviter le danger de la conception moderniste des schèmas du contenu. Une grande partie de sa vie est liée avec la ville d´Uherské Hradiště, où il vit et travaille depuis les années 80.

Il tendait vers la conception expressive de la peinture déjà pendant ses études à l’Ecole de Beaux-arts à Uherské Hradiště qui est basée sur l’approche sensorielle du sujet,

sur la modification de forme et sur le mode de travail détendu du peintre. Il était donc naturel qu’il ait continué à développer son talent à l’Académie des Beaux-Arts à Prague dans l’atelier de Karel Souček. Les courts séjours d’études en Italie, en France et en Russie se sont succédés et ont apporté non seulement les connaissances mais aussi l’inspiration au jeune peintre et ont mené à la création de nombreuses toiles remarquables.

A cette époque, les premières peintures avec la thématique sociale ont vu le jour (les personnages centraux sont les prostituées, les pâtres, les flâneurs, etc.) et sont encore fortement influencées par la formation et la discipline académiques - un coloris assourdi (les tons gris et noirs dominent), mais ils anticipent son cheminement suivant.

Les expériences de son séjour italien et la vie des banlieues de là-bas (souvent les gens qui sont marginalisés de la société – les prostituées, les ivrognes, les sans abris) sont les sources inspiratrices que l’on peut considérer comme clées et déterminantes dans la première étape de son oeuvre. Il y revient même dans son oeuvre ultérieure.

Au tournant des années 70 et 80, le milieu artistique d’Olomouc a eu une influence prépondérante (il y a vécu presque 2 ans) et est lié avec la vie bohème où le premier rôle avait été joué par son camarade de classe de Uherské Hradiště, Jiří Stejskal.

A cette époque, il a cessé de peindre, mais il a dessiné. Il a créé de nombreuses séries de dessins qui sont caractéristisés par des impressions spontanées et des gloses ironiques par lesquelles il a commenté ce qu’il a vécu. De l’autre côté, il a acquis un tas d´expériences qu’il n’allait rentabiliser que plus tard dans toute une série de peintures des années 80 et 90. A cette époque, les portraits, surtout ceux des enfants, ont vu le jour et sa famille en était une source d’inspiration. Le retour à Uherské Hradiště a signifié pour Měšťánek avant tout le retour à la peinture.

Un important cycle avec la thématique des bars a vu le jour, une série de nouveaux portraits, des histoires banales de la vie de tous les jours et événements de différentes couches de la société.

Ses histoires locales sont toujours actuelles et surprenantes, accostent et trouvent un spectateur enthousiaste aujourd’hui comme à l’occasion de ses premières aux expositions d’auteur ou de collectif d’auteurs. Elles reflètent l’ambiance de l’époque, un sentiment douloureux de l’angoisse existentielle et le désir de l’identité individuelle et sociale.

Les transformations et le caractère tranché de l’expression artistique ont été toujours marqués d’une part par la réflexion rationnelle de l’auteur et d’autre part par son évolution intime continue et aussi par les motivations émotionnelles.

Les années 90 et les années contemporaines sont caractéristiques par la rentabilisation des expériences acquises, à la fois une certaine connaissance et un bilan des travaux aux nombreuses expositions dans les galeries de peinture tchèques et à l’étranger qui ont présenté le peintre dans le large spectre des sujets de son expression artistique expressive - il n’idéalise jamais rien. Les contenus des peintures et des dessins sont attachés aux actions réelles, aux moments réels de la vie. L’irritabilité expressive et la souveraineté technique de l’expression soulignent le fait que nous rencontrons l’oeuvre d‘un des plus remarquables peintres de l’orientation expressive figurative. La ligne qui est la plus proche à la tradition moderne tchèque. Ce n’est qu’une orientation artistique, c’est aussi une conception de vie, une philosophie de laquelle cristalisent d’autres valeurs et attitudes. Dans le centre d’attention du peintre on trouve toujours l’homme. Si nous nous servons de la terminologie contemporaine, la peinture et le dessin de Měšťánek est ainsi un véritable sondage sociologique dans la société à l’aide de la peinture. Il manoeuvre parfaitement le moyen de la peinture, de la peinture traditionnelle avec l’épithète expressive dans toutes les nuances.

Cela signifie que dans ses travaux l’accent sur un coloris intensif est dicté uniquement d´une manière subjective, l´accent sur des lignes sommaires et sur des contours, sur une simplification par abstraction et sur la déformation est présent. L’écriture vite et agitée de Měšťánek, la peinture par des gestes grandioses et explosifs et des traits de dessin prompts sont devenus une signature que l’on peut reconnaître de loin.

Les doutes éternels, la recherche, l’agacement, le mécontentement avec soi-même sont l’épée de Damoclès qui ne lui permet pas de s’endormir sur ses lauriers et ces doutes le poussent encore plus loin. La vie est tellement multiforme, coloriée et essayer de dévoiler son secret, ses métamorphoses éternelles, de remarquer un seul instant, une situation, une expression juste est le désir de chaque artiste. Dans l’oeuvre de Měšťánek apparaissent actuellement

les motifs nouvellement retravaillés et les motifs tout neufs comme „le ring libre“, „le sémaphore“, „la rue et la ville“, etc.

Les rues d’aujourd’hui dans les grandes villes ressemblant à un fleuve violent sont dangereuses et incontournables d’un côté et confidentiellement connues de l’autre côté. Nous ressentons les traces du bruit, du frémissement, de la fumée. Le fourmillement des hommes fond en tout, la foule enquille par la rue, un file sans fin, un nouvel élément, une foule des comparses sans nom.

Dans la conception de Měšťánek, la rue est plus qu’un chemin, c’est une scène couverte sociale où se déroule un éternel theatrum mundi; c´est un chapitre individuel, un monde pour soi-même. Il représente la pauvreté, la richesse, la gloire, la manipulation, le pouvoir et la misère, il éveille les passions. Il a son image multiforme, son expression, sa topographie, sa typologie, ses piétons, ses badauds, ses sans abris, ses personnages intéressants et d’autres. Ensemble, nous pouvons visiter un spectacle de théâtre, des bistrots, un bar dans la rue Resslovka, une gare, des lavatories, des arrêts de bus, des endroits familièrement connus de l’auteur. Il remarque les démonstrations de la vie qui restent cachées pour toujours à quelques uns – la vie des sans abris et des clochards sur le coin de la rue. Sur ses toiles, il capture l’ambiance imprégnée par une tension intérieure, par l’alcool, par la drogue et par l’indifférence.

Dans l’extérieur de la rue les idées intimes, l’époque et ses problèmes se projettent.

Tomáš Měšťánek ne suit pas ce qui est à la mode. Il ne se soucie pas de comment on va le comprendre. Il ne craint pas le mauvais goût, il ne s’occupe pas des clichés. Il est peintre qui croit en son savoir-faire. Il y inclut ses victoires et ses lapsus, ses erreurs et malentendus.

Milada Frolcová, L'historien de l'art

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